Archive for mars, 2009

L’attitude des belges à l’égard du sommeil

Posted in insomnie, troubles du sommeil on mars 17th, 2009 by marie – Be the first to comment

A l’occasion de la Journée internationale du Sommeil 2009 (21/3), la Belgian Association for Sleep Research and Sleep Medicine (BASS) a réalisé une enquête en ligne sur l’attitude des Belges à l’égard du sommeil. Ils devaient approuver ou désapprouver une série d’affirmations concernant le sommeil, et  étaient interrogés sur la présence d’éventuels troubles de sommeil et sur l’utilisation de somnifères.

Les Drs G. Aubert, R. Poirrier et D. Rodenstein ont commenté les résultats de cette enquête. Voici ce qu’il en ressort:

910 Belges (10- 90 ans) ont participé. Il s’agissait pour 61% de femmes.

Les résultats sont surprenants!

61 % des participants sont convaincus qu’il faut dormir 8 heures pour être en forme la journée. Chez les sujets qui prennent un somnifère au moins une fois par semaine, cette proportion atteint même 70 %. Ceci est en contradiction avec les études internationales sur la durée du sommeil de personnes bien portantes. Ces études indiquent systématiquement que 62 % de la population adulte bien portante dort en moyenne entre 6,5 et 8,5 heures par nuit.

La moitié des participants  pensent que si l’on a trop peu dormi une nuit, il faut récupérer le lendemain en faisant une sieste ou en dormant plus la nuit suivante. Cette croyance est fausse: de nombreuses études montrent que si l’on a moins dormi une nuit, il ne faut pas rattraper tout ce manque de sommeil la nuit suivante. En général, il suffit  de compenser environ un tiers de la dette en sommeil.

40 % des participants à l’enquête sont persuadés que, si l’on a des difficultés d’endormissement, il faut faire des efforts pour s’endormir. Or, plus on fait d’efforts pour dormir, moins on y parvient. On sait qu’il vaut mieux attendre de se sentir vraiment somnolent avant de se mettre au lit. Se coucher plus tôt n’a pas de sens en cas de difficultés d’endormissement.

Enfin, nombreuses sont les personnes qui souffrent de troubles du sommeil: Plus de 60 % des participants qui prennent au moins une fois par semaine un somnifère, ont un score élevé au questionnaire des troubles du sommeil. 41% mentionnent des difficultés d’endormissement, 55% signalent des difficultés de maintien du sommeil et 54% estiment la qualité de leur sommeil insatisfaisante voire médiocre. Bon nombre de ces patients pourraient tirer bénéfice de traitements complémentaires, par exemple de thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le sommeil.

Liens utiles: enquête en ligne: http://www.journeedusommeil.be/

Communiqué de presse concernant les résultats de l’enquête: www.belsleep.org

L’ hypertension pendant la grossesse serait associée à la présence d’un syndrome d’apnées du sommeil

Posted in apnées du sommeil, grossesse, hypertension on mars 17th, 2009 by marie – Be the first to comment

L’hypertension est une complication de la grossesse qui touche 10% des femmes enceintes. Dans la population générale, l’hypertension est très nettement associée à la présence d’apnées du sommeil.

Une étude canadienne récente (Université Mc Gill, Montréal) a recherché la présence d’apnées du sommeil, par test du sommeil,  chez 17 femmes enceintes hypertendues et chez 33 sans hypertension.

Il apparaît très clairement que les femmes hypertendues présentaient beaucoup plus d’apnées du sommeil. La présence d’apnées était 7x plus fréquente chez ces femmes.

Même si l’étude est de petite taille, Il semble donc tout à fait intéressant de rechercher des apnées du sommeil chez les femmes enceintes hypertendues.

Source: http://erj.ersjournals.com/cgi/content/abstract/33/3/559?etoc

Comment prendre des somnifères?

Posted in insomnie on mars 14th, 2009 by brunoariens – Be the first to comment

Lorsque l’insomnie récemment apparue est très grave ou lorsqu’elle vous mène à un état de tension extrême, un somnifère peut vous être prescrit si vous souffrez d’insomnie aiguë (moins de trois semaines). La prise de somnifères (p.e. lorazepam, lormetazepam, zolpidem) ne se fera que sous des conditions très strictes: elle sera limitée dans le temps, de préférence pas plus d’une semaine, et à une dose efficace minimale.

Presque toutes les études contrôlées contre placebo (comparaison avec une substance neutre) démontrent que les benzodiazépines sont plus efficaces que les placebos au cours de la première semaine du traitement. Dès la deuxième semaine, il n’y a déjà plus de différence significative.

Si ce message est communiqué en début de traitement, on évite de créer de fausses attentes au sujet des somnifères et il sera donc plus aisé d’en limiter l’utilisation dans le temps. En cas d’insomnie chronique, l’utilisation à long terme de somnifères peut engendrer un problème de conditionnement, ainsi qu’un risque réel d’accoutumance et de dépendance.

Si l’on décide quand même de donner un somnifère, une benzodiazépine à durée d’action intermédiaire s’avère le meilleur choix. Les produits à courte durée d’action engendrent parfois des symptômes de désintoxication plus sévères. Les somnifères à longue durée d’action ne sont pas conseillés en raison du risque accru pour le patient de ressentir un effet secondaire diurne de type ‘gueule de bois’.

En cas de recours aux somnifères, on peut envisager une utilisation intermittente ou une stratégie ‘si nécessaire’. Sous ‘utilisation intermittente’, nous entendons par exemple la prise quotidienne d’un somnifère pendant 5 jours, puis 2 jours sans, ou toutes les 3 nuits. Le risque d’accoutumance est ainsi limité.

Dans des situations de crise, les somnifères doivent être dès que possible combinés avec, et ensuite remplacés par, des mesures non médicamenteuses, en suivant par exemple des conseils avisés relatifs à l’art de bien dormir.

En résumé on peut dire que les somnifères ne sont utilisés que dans des circonstances exceptionnelles et sous des conditions strictes: leur consommation sera limitée dans le temps, de préférence pas plus d’une semaine, et à une dose efficace minimale.