apnées du sommeil

Phytoestrogène : un alicament efficace pour le traitement de l’insomnie liée à la ménopause ?

Posted in apnées du sommeil, insomnie on janvier 19th, 2011 by marie – Be the first to comment

La ménopause est associée à des changements hormonaux majeurs qui entraînent entre autre des bouffées de chaleur, une accéleration de la perte de masse osseuse et une altération de la qualité du sommeil (1). Celle-ci se traduit principalement par l’apparition d’éveils répétés en début de nuit, entraînant des difficultés d’endormissement. Ces altérations de la qualité du sommeil seraient provoquées par les bouffées de chaleur, bien que jusqu’à présent le lien causal n’ait pas pû être fermement établi (2).

Il faut également garder en mémoire que la ménopause est associée à un risque accru de survenue d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil.

Le traitement hormonal de substitution semble est efficace, chez une partie des patientes, pour combattre ce type d’insomnie.

Cependant, comme il est assorti d’un risque relativement important d’effets secondaires, il n’est plus actuellement recommandé que chez les femmes ayant des symptômes majeurs de carence oestrogénique, et chez celles à haut risque d’ostéoporose.

Plusieurs autres thérapeutiques non-hormonales ont été utilisées pour combattre les effets vasomoteurs de la ménopause. Une méta-analyse récente (3), portant sur 19 études randomisées-contrôlées, montre que l’utilisation de différents dérivés du soja (phytoestrogènes) est efficace. Malheureusement, ces études sont très hétérogènes dans le type de produits utilisés (protéines de soja, concentrés d’isoflavones) et leur dosage, et ces résultats doivent être interprétés avec prudence.

Jusqu’ici, il n’existait pas de données concernant le rôle de ces substances sur les troubles du sommeil liés à la ménopause.

Récemment, des chercheurs brésiliens (4) ont étudié l’effet des isoflavones dans le traitement de l’insomnie post-ménopausique.

Dans cette étude de petite taille (38 femmes au total), Hachul et al. ont comparé l’administration quotidienne de 80 mg d’isoflavones durant 4 mois à un placebo. Sur base d’enregistrements polysomnographiques, ils ont observé une amélioration de l’efficacité du sommeil sous médication : 78 à 84% contre 78 à 81% pour le groupe placebo. Les troubles du sommeil ont aussi été évalués par questionnaires. Dans le groupe « isoflavones », leur fréquence est passée de 90 à 37%, contre 95 à 63% dans le groupe placebo.

Ces résultats sont encourageants puisque si ils sont confirmés, cela voudrait dire que l’ingestion de simples protéines alimentaires, quoiqu’en grande quantité (100g de tofu=30mg d’isoflavone et 250mL de boisson au soja= 20 mg d’isoflavones), pourrait minimiser de très gênants symptômes associés à cette période de grands chamboulements hormonaux.

1.Young T. et al. Am J Crit Care med 2003 ; 167 :1181-1185.

2.Parry BL et al. Sleep Med Rev 2006 ; 10 :197-208.

3. Bolanos R et al. Menopause 2010 ; 17 : 660-666.

4. Hachul H et al. Menopause 2010 Aug 19.

Facteurs de sévérité du syndrome d’apnées obstructives chez les patients jeunes : une étude rétrospective en milieu cosmopolite urbain

Posted in apnées du sommeil, hypertension, troubles du sommeil on septembre 27th, 2010 by marie – Be the first to comment

puce Nous savons qu’il existe différents phénotypes du syndrome d’apnées obstructives (SAOS) dans la population. Les femmes, les personnes âgées et l’ethnicité sont autant de facteurs qui semblent jouer un rôle important dans la survenue et la sévérité de la maladie. Nous avons effectué une étude rétrospective visant à mettre en évidence les caractéristiques et les facteurs de risque de sévérité de la maladie dans une population urbaine, cosmopolite, d’apnéiques jeunes.

puce Pour ce faire, nous avons analysé les données médicales et polysomnographiques de 2 093 patients référés dans notre centre universitaire, sur une période de 2 ans, pour polysomnographie diagnostiqueNous avons identifié, au sein de cette population, un sous-groupe de 121 patients
(6 %) âgés de moins de 40 ans, et souffrant de SAOS.

Il y avait 17 femmes et 104 hommes. 55 % étaient Caucasiens et 42 % Africains. La médiane de l’index d’apnées-hypopnées (IAH) était de 39 chez les hommes et 23 chez les femmes (p<0.01), de 30 chez les  Caucasiens et de  39 chez les Africains (P=0.03).

L’indice de masse corporel (IMC) était positivement corrélé à l’IAH (p=0.04).

puce L’analyse multivariée a démontré que l’ethnicité africaine (p = 0,01), le tabagisme actif (p = 0,05) et le périmètre cervical (p < 0,01) étaient prédicteurs de l’IAH, indépendamment de l’IMC. Les anomalies de la sphère ORL, par contre, ne l’étaient pas (p = 0,75).

Les comorbidités se sont révélées fréquentes: hypertension : 20 %, diabète: 13 %, hypercholestérolémie: 27 %, dépression: 13 %, reflux et ulcère gastro-oesophagien: 13 %, hypothyroïdie: 5 %, asthme: 9 %. Elles étaient corrélées à l’IMC (p = 0,02), à l’hypoxémie nocturne (p = 0,02) et à l’ethnicité africaine (p = 0,024).

puce Conclusions

Chez les patients apnéiques de moins de 40 ans, issus d’un milieu cosmopolite urbain, la sévérité de la maladie est associée à un IMC et un périmètre cervical élévés, au sexe masculin et à l’ethnicité africaine. Après ajustement pour l’IMC, l’ethnicité africaine, le tabagisme actif et le périmètre cervical restent prédicteurs de la sévérité de l’IAHNi les anomalies des voies aériennes supérieures, ni les co morbidités ne se sont, par contre, révélées être des facteurs de risque de sévérité de la maladieDes études nord-américaines avaient déjà mis en évidence le rôle important de l’ethnicité africaine dans la pathogenèse du SAOS, mais c’est la première étude européenne qui le décrit.

Les résultats complets de l’étude sont disponibles sous cette référence : Dr Marie Bruyneel,MD; Lieveke Ameye, MSc, PhD; Vincent Ninane, MD, PhD. Sleep apnea syndrome in a young cosmopolite urban adult population: risk factors for disease severity » Dr Marie Bruyneel,MD; Lieveke Ameye, MSc, PhD; Vincent Ninane, MD, PhD . Sleep Breath. 2010 Jul 31. [Epub ahead of print].

Insomnies: la nuit porte conseil…

Posted in apnées du sommeil, insomnie, syndrome des jambes sans repos, troubles du sommeil on septembre 22nd, 2009 by marie – Be the first to comment

Lisez l’article de M-F. Dispa publié dans la revue Equilibre de septembre 2009.eq36-042-043

Docteur, je ronfle, c’est grave ?

Posted in apnées du sommeil, hypertension, somnolence, troubles du sommeil on mai 13th, 2009 by marie – Be the first to comment

Le ronflement est la mise en vibration des tissus pharyngés durant le sommeil. Il est dû à une baisse d’activité musculaire à ce niveau pendant que nous dormons. Sa fréquence s’accroît avec l’âge. Chez les personnes de 45 à 60 ans, 63% des hommes et 37% des femmes sont des ronfleurs habituels. La prise de poids aggravent fortement ce problème. Le plus souvent, il n’est pas dangereux mais constitue un désagrément sonore majeur pour l’entourage: il peut atteindre 90 décibels, soit le bruit causé par le passage d’un camion !

Il doit par contre vous alarmer si :

  • Votre entourage décrit un ronflement interrompu par des périodes d’arrêts respiratoires, avec une reprise extrêmement bruyante du ronflement
  • Vous avez des sensations d’étouffement la nuit
  • Votre sommeil n’est pas réparateur : vous vous éveillez systématiquement fatigué
  • Vous transpirez beaucoup la nuit et vous réveillez souvent pour faire pipi
  • Vous avez tendance à vous endormir anormalement durant la journée.

Il peut alors être le signe d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil.

Il s’agit d’apnées (arrêts respiratoires) ou d’hypopnées (réduction importante de la respiration) dûes à un blocage partiel ou complet du passage d’air au niveau du pharynx durant la nuit.

Cette maladie touche 2 à 4% de la population, et devient de plus en plus fréquente, car elle atteint en particulier les personnes obèses, et celles-ci sont de plus en plus nombreuses dans les pays occidentaux . En Belgique, on estime que 18% des femmes et 12% des hommes sont obèses.

Ces apnées entraînent une altération de la qualité du sommeil avec diminution des phases de sommeil profond (sommeil réparateur), de sommeil paradoxal (sommeil à rêves), et un manque d’oxygène intermittent.

Les conséquences sont sévères : Somnolence et endormissements la journée, dépression, accidents du travail et de circulation (risque multiplié par 7 !), troubles de concentration et de mémoire. De plus, à long terme, il existe un risque important de développer de l’ hypertension, des problèmes cardiaques ou même une thrombose au cerveau.

Le diagnostic ne peut être confirmé que par la réalisation d’un enregistrement du sommeil  (Polysomnographie) effectué dans un laboratoire du sommeil. Cet examen s’effectue sur prescription médicale. Il existe à l’heure actuelle d’excellents traitements pour le syndrome d’apnées obstructives du sommeil.

En savoir plus : www.antadir.com, www.syndrome-apnee-sommeil.fr

L’ hypertension pendant la grossesse serait associée à la présence d’un syndrome d’apnées du sommeil

Posted in apnées du sommeil, grossesse, hypertension on mars 17th, 2009 by marie – Be the first to comment

L’hypertension est une complication de la grossesse qui touche 10% des femmes enceintes. Dans la population générale, l’hypertension est très nettement associée à la présence d’apnées du sommeil.

Une étude canadienne récente (Université Mc Gill, Montréal) a recherché la présence d’apnées du sommeil, par test du sommeil,  chez 17 femmes enceintes hypertendues et chez 33 sans hypertension.

Il apparaît très clairement que les femmes hypertendues présentaient beaucoup plus d’apnées du sommeil. La présence d’apnées était 7x plus fréquente chez ces femmes.

Même si l’étude est de petite taille, Il semble donc tout à fait intéressant de rechercher des apnées du sommeil chez les femmes enceintes hypertendues.

Source: http://erj.ersjournals.com/cgi/content/abstract/33/3/559?etoc