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Somnifères : on en consomme trop !

Posted in insomnie on juin 9th, 2009 by marie – Be the first to comment

La Belgique serait l’un des pays où l’on consomme le plus de somnifères : près de 10% des Belges en consomment régulièrement, et dans les maisons de repos les chiffres sont carrément alarmants : 20 à 50% des résidents en prennent quotidiennement !

Rappelons tout d’abord qu’après avoir éliminé les causes spécifiques d’insomnie (douleurs chroniques, troubles psychiatriques, apnées du sommeil etc), il faut privilégier les traitements NON médicamenteux.

D’abord restaurer des règles d’hygiène du sommeil: se lever toujours environ à la même heure, éviter les siestes diurnes tardives, limiter la consommation d’alcool, de café et de nicotine, éviter de prendre un repas trop lourd avant le coucher etc.

Ensuite,appliquer des techniques de relaxation et des techniques dites comportementales (dont certaines visant à restreindre le temps de sommeil). Ces approches se sont révélées très efficaces pour le traitement de l’insomnie.

Certaines plantes (comprimés, gouttes, tisanes) semblent améliorer l’endormissement mais les preuves scientifiques d’efficacité manquent et elles ne sont pas toutes inoffensives.

Quant aux médicaments (BENZODIAZEPINES ou apparentés), il ne faut pas oublier que malgré leur efficacité (ils raccourcissent l’endormissement et allongent la durée de sommeil) une dépendance s’installe déjà après 2 semaines ! De plus, ils peuvent avoir des effets résiduels graves durant la journée suivant la prise:  ils influencent négativement l’aptitude à la conduite, peuvent provoquer des vertiges, des chutes, et de la confusion. Les prendre avec de l’alcool ou certains anti-dépresseurs peut aggraver ces effets secondaires.

L’arrêt de ces médicaments n’est pas toujours aisé car on peut présenter des symptômes de sevrage, c.à.d. de l’anxiété, une aggravation des problèmes d’insomnie, des cauchemars lors de l’arrêt brutal de ces substances.

 

Donc, un conseil:

-              privilégiez les traitements NON médicamenteux

-              utilisez des Somnifères  pour la durée la plus courte possible, toujours en accord avec votre médecin

-              si vous utilisez des Somnifères depuis longtemps, n’arrêtez pas seul; parlez-en avec votre médecin.

 

Source : Folia Pharmacotherapeutica mai 2009

Somnifères et conduite automobile

Posted in insomnie, somnolence on mai 5th, 2009 by marie – Be the first to comment

Une partie non négligeable de la population utilise quotidiennement des somnifères (0.7 à 7%).

Or ces médicaments peuvent avoir des effets résiduels graves durant la journée suivant la prise:  ces drogues, après une prise à dose normale, influencent l’aptitude à la conduite. Cela a été démontré en laboratoire par des tests sur simulateurs de conduite, mais également par le biais d’enquêtes concernant la cause des accidents de voiture, qui ont mis en évidence qu’une importante proportion de conducteurs impliqués dans des accidents de circulation étaient des consommateurs chroniques de somnifères. Il existe évidemment des différences individuelles de sensibilité à ces drogues et également selon la classe de médicament utilisée, mais pour une benzodiazépine courament utilisée, le Temazepam (même type de médicament que le Loramet et le Temesta), l’effet sur la conduite est plus néfaste qu’un taux d’alcoolémie de 0.5 g/L chez 1/4 des consommateurs. Ces études ont été effectuées chez des gens jeunes, ne prenant pas d’autres médicaments, mais il y a fort a parier que ces effets sont encore bien plus marqués chez des personnes plus agées consommant simultanément plusieurs types de traitements.

Le message à retenir est le suivant:méfiez-vous des somnifères! Utilisez-les pour la période la plus courte possible et faites-vous toujours conseiller par votre médecin sur le type de médicament à prendre.

 

Source : Jackson M. Hypnotic hangovers and driving risk. Breathe 2009; 5: 248-251

http://www.ers-education.org/pages/default.aspx?id=1386

Comment prendre des somnifères?

Posted in insomnie on mars 14th, 2009 by brunoariens – Be the first to comment

Lorsque l’insomnie récemment apparue est très grave ou lorsqu’elle vous mène à un état de tension extrême, un somnifère peut vous être prescrit si vous souffrez d’insomnie aiguë (moins de trois semaines). La prise de somnifères (p.e. lorazepam, lormetazepam, zolpidem) ne se fera que sous des conditions très strictes: elle sera limitée dans le temps, de préférence pas plus d’une semaine, et à une dose efficace minimale.

Presque toutes les études contrôlées contre placebo (comparaison avec une substance neutre) démontrent que les benzodiazépines sont plus efficaces que les placebos au cours de la première semaine du traitement. Dès la deuxième semaine, il n’y a déjà plus de différence significative.

Si ce message est communiqué en début de traitement, on évite de créer de fausses attentes au sujet des somnifères et il sera donc plus aisé d’en limiter l’utilisation dans le temps. En cas d’insomnie chronique, l’utilisation à long terme de somnifères peut engendrer un problème de conditionnement, ainsi qu’un risque réel d’accoutumance et de dépendance.

Si l’on décide quand même de donner un somnifère, une benzodiazépine à durée d’action intermédiaire s’avère le meilleur choix. Les produits à courte durée d’action engendrent parfois des symptômes de désintoxication plus sévères. Les somnifères à longue durée d’action ne sont pas conseillés en raison du risque accru pour le patient de ressentir un effet secondaire diurne de type ‘gueule de bois’.

En cas de recours aux somnifères, on peut envisager une utilisation intermittente ou une stratégie ‘si nécessaire’. Sous ‘utilisation intermittente’, nous entendons par exemple la prise quotidienne d’un somnifère pendant 5 jours, puis 2 jours sans, ou toutes les 3 nuits. Le risque d’accoutumance est ainsi limité.

Dans des situations de crise, les somnifères doivent être dès que possible combinés avec, et ensuite remplacés par, des mesures non médicamenteuses, en suivant par exemple des conseils avisés relatifs à l’art de bien dormir.

En résumé on peut dire que les somnifères ne sont utilisés que dans des circonstances exceptionnelles et sous des conditions strictes: leur consommation sera limitée dans le temps, de préférence pas plus d’une semaine, et à une dose efficace minimale.