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Trois heures par nuit, et ça suffit!

Posted in durée de sommeil on février 21st, 2010 by marie – Be the first to comment

Lisez ci-dessous l’article de J. Miralles paru dans Passion Santé (supplément au journalpsante2801_nv_032psante2801_nv_033 Le Soir) du 28 janvier 2010).

Existe-t-il une relation entre l’obésité et le manque de sommeil?

Posted in durée de sommeil on octobre 18th, 2009 by marie – Be the first to comment

Notre consoeur, le Dr Karin Spiegel, chercheuse à l’ULB soutenue par le Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) et ayant effectué une partie de ses recherches à l’Université de Chicago, a publié ces dernières années ses multiples travaux sur la relation entre l’obésité et le manque de sommeil.

Au préalable, elle avait étudié l’impact du sommeil sur les sécrétions endocriniennes. Avec son équipe, elle s’est intéressée aux conséquences potentielles d’un manque de sommeil sur l’organisme ; et en particulier sur le système endocrinien, le métabolisme glucidique, la fonction immunologique et la fonction cardiovasculaire. Il s’est avéré que chez des sujets jeunes et en bonne santé, un manque de sommeil est associé à des perturbations physiologiques importantes : ils se comportent comme des sujets âgés.

Elle a ensuite mis sur pied une autre expérience : en soumettant de jeunes hommes, en bonne santé et de poids normal à des restrictions de sommeil (2 nuits de 4 heures) puis à de longues nuits (2 nuits de 10 heures), sans modifier l’activité physique et l’apport calorique, elle a constaté de grandes variations dans la sécrétion de 2 hormones : la leptine (hormone freinant l’appétit) et la ghreline (hormone stimulant l’appétit). Après 2 nuits de restriction de sommeil, les taux de leptine diminuent et ceux de ghreline augmentent, ce qui se traduit par une grande faim. Et vers quels types d’aliments sont attirés ces jeunes en manque de sommeil ? Les aliments riches en graisses et en sucres, qui sont à l’origine de la prise de poids.

Ces résultats joueraient-ils un rôle dans l’épidémie d’obésité qui s’observe partout dans le monde ? Consacrer plus de temps au sommeil pourrait-il modifier l’évolution et l’ampleur de ce phénomène ?

Ces questions restent en suspens, et les réponses sont attendues dans les années à venir avec le résultat d’études en cours..mais une chose est sûre : ces résultats soulignent une fois encore l’importance du sommeil dans notre vie et dans nos comportements diurnes, et malgré une vie sociale qui s’organise de plus en plus sur 24h, il est indispensable de respecter les heures de sommeil dont on a besoin..et pas tous le même besoin !

 

 

Lire plus :

Knutson KL et al. Sleep Med Rev. 2007 Jun;11(3):163-78

Spiegel K et al. Nat Rev Endocrinol. 2009 May;5(5):253-61.

Spiegel K et al. Ann Int Med 2004 ; 141 : 846-850.

Les troubles du sommeil relatifs au travail à horaires atypiques

Posted in troubles du sommeil on septembre 22nd, 2009 by marie – Be the first to comment

Saviez-vous que dans l’union européenne 20% des travailleurs ont des horaires de travail atypiques ou irréguliers ? Qu’ils soient organisés en 3X8h, en 2X8h, en travail de nuit exclusif ou en horaires irréguliers, ces schémas de travail perturbent votre horloge biologique et cette catégorie de travailleurs présente plus de troubles du sommeil et de somnolence diurne que les autres. Or, justement, cette somnolence diurne est un danger pour le travail (risques de chutes, de fausses manœuvres, d’erreurs intellectuelles ou manuelles) et la conduite !

Dans ces schémas de travail, il y a un décalage entre le rythme physiologique de sommeil de l’individu et celui imposé par l’environnement socioprofessionnel. Les synchroniseurs internes et externes sont en opposition de phase. Ils doivent en permanence s’adapter aux changements d’horaires. Le problème majeur devient alors la difficulté de dormir aux heures « habituelles ». Les périodes de sommeil et de veille surviennent à de mauvais moments.

La conséquence est évidente : le sujet qui fonctionne à long terme dans ce schéma souffre de déprivation chronique de sommeil. Il a tendance à rogner sur ses heures de sommeil pour assumer ses tâches sociales (amis, hobbies,..) et domestiques « normalement ». Plus l’âge avance, plus il sera difficile de s’adapter à ces horaires atypiques. A 40 ans, en effet, un travailleur de nuit dormira en moyenne 5H par nuit contre 7,8H pour quelqu’un qui travaille de jour. A 50 ans, ces chiffres atteignent respectivement 4.8 et 7.5H. A la longue, ces travailleurs « postés » peuvent développer des problèmes de santé : troubles de l’humeur, problèmes gastro-intestinaux et cardio-vasculaire, abus de médicaments ou d’alcool,…sans parler des conséquences sociales négatives que peuvent engendrer ce type d’horaire.

S’adapter le mieux possible

Il faut adopter une hygiène de vie particulière pour amenuiser les effets négatifs du travail à pause. Le repos « compensateur », autrement dit, la sieste, est essentiel. C’est une excellente façon de résorber sa dette de sommeil. Chez tout le monde, une baisse de la vigilance survient en début d’après-midi, qui se solde chez certains par un besoin impérieux de faire la sieste ( surtout si la nuit précédente a été courte ou mauvaise !). Le jour où le travail de nuit débute, une sieste est indispensable pour améliorer la vigilance. Les horaires de repas doivent aussi être adaptés. La prise de collations à heures régulières peut améliorer les performances lors du travail de nuit. Dans l’idéal, il faut prendre 3 repas et 2 collations sur 24h. Le repas pris la nuit doit être léger. De  manière générale, il faut se méfier excès :on a tendance à grignoter quand on travaille de nuit, et les conséquences sur le poids ne se font généralement pas attendre..Pensez également à boire beaucoup d’eau.

Références :

Campbell SS et al. Sleep Medicine Reviews 1999 ; 3, 179-200.

Kerkhof GA. Chronobiology International 2006 ; 23 : 1099-1104.

Le manque de sommeil, un facteur de risque d’hypertension

Posted in hypertension, troubles du sommeil on juillet 7th, 2009 by marie – Be the first to comment

Une récente étude américaine a mis en évidence la relation entre déprivation de sommeil et l’hypertension. 578 américains âgés de 33 à 45 ans ont été suivis pendant 5 ans. On a mesuré leur tension au début de l’étude et après 5 ans, et la durée ainsi que la qualité du sommeil ont été évaluées 2 fois à un an d’intervalle par actigraphie (petit bracelet montre permettant de déterminer les périodes de sommeil et l’intensité de l’activité physique).

Ce qui est frappant, c’ est que dans cette étude, 43% de ces personnes dormaient moins de 6h par nuit!

Les autres résultats sont les suivants:

- une durée de sommeil faible et une mauvaise continuité du sommeil (éveils multiples durant la nuit) prédisent une tension plus élevée à la base.

- ces éléments prédisent également une plus grande augmentation de la tension artérielle 5 ans plus tard.

- les hommes, particulièrement les Afro-Américains, sont plus à risque; c’est d’ailleurs, dans cette étude, ceux qui dorment le moins par rapport aux femmes ou aux hommes d’autres races.

Les résultats ont été ajustés pour que d’autres facteurs de risque d’hypertension soient pris en compte: age, sexe, poids, consommation d’alcool, activité physique.

Par contre, le syndrome d’apnées du sommeil, facteur de risque majeur d’hypertension, n’a pas été dépisté chez les participants.

 

Cette étude met donc en lumière un facteur de risque jusqu’ici méconnu pouvant est à l’origine de l’hypertension: le manque de sommeil.

D’autres études avaient déjà suggéré une telle association.

 

Référence: Association Between Sleep and Blood Pressure in Midlife. Kristen L. Knutson, PhD; Eve Van Cauter, PhD; Paul J. Rathouz, PhD; et al. Arch Intern Med. 2009;169(11):1055-1061.